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mars 2018 -

La technique d’impression 3D est devenue un processus de production incontournable dans le secteur de la santĂ©. Elle permet depuis plusieurs annĂ©es de fabriquer des dispositifs mĂ©dicaux personnalisĂ©s, et elle s’est aussi, plus rĂ©cemment, frayĂ©e un chemin dans le domaine de la pharma. C’est ainsi qu’en aoĂ»t 2015, la FDA amĂ©ricaine, en charge du contrĂŽle et de la rĂ©glementation du mĂ©dicament aux États-Unis, donnait son accord pour la fabrication du premier mĂ©dicament imprimĂ© en 3D : un antiĂ©pileptique.

L’impression 3D repose sur un systĂšme simple de dĂ©pĂŽt de couches successives d’un matĂ©riau. Ça se fait aujourd’hui couramment pour le plastique, les mĂ©taux, ou les minerais, et bien ce principe peut ĂȘtre utilisĂ© de la mĂȘme façon pour un mĂ©dicament. On dĂ©pose une couche de telle molĂ©cule, on ajoute un “liant” comme le glucose, on dĂ©pose une nouvelle couche, on ajoute le “liant”, et ainsi de suite. Selon la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Aprecia Pharmaceutical, qui commercialise l‘antiĂ©pileptique amĂ©ricain, cette technologie permet Ă©galement d’obtenir une formulation poreuse et une dissolution plus rapide que celle d’un comprimĂ© lambda. Elle offrirait Ă©galement la possibilitĂ© de concevoir des doses extrĂȘmement prĂ©cises en fonction du patient.

Imprimer ses médicaments à la maison ?

C’est ce qu’imaginent les experts du dĂ©partement de SantĂ© de DubaĂŻ. « Notre idĂ©e, c’est d’introduire cette technologie chez les patients, dans les hĂŽpitaux et les cliniques. Les malades auront la possibilitĂ© « d’imprimer » eux-mĂȘmes la dose indiquĂ©e de mĂ©dicaments. Si cette mĂ©thode est appliquĂ©e correctement, elle sera moins coĂ»teuse et plus rapide pour les patients. En ce moment, les hĂŽpitaux ne produisent pas de mĂ©dicaments, mais cela pourrait changer et les centres de santĂ© seront en mesure de lancer leur propre production de mĂ©dicaments », a expliquĂ© Alvaro Goyanes, porte-parole de la sociĂ©tĂ© britannique FabRx

Une hypothĂšse beaucoup plus plausible serait tout de mĂȘme que les hĂŽpitaux et les pharmacies se voient Ă©quipĂ©s de telles machines pour produire eux-mĂȘmes les mĂ©dicaments en fonction des besoins prĂ©cis de leurs patients. Une impression 3D Ă  la demande permettrait d’ajuster le dosage en fonction du patient, voire d’associer diffĂ©rentes molĂ©cules en une seule pilule. Ce serait particuliĂšrement intĂ©ressant pour des malades qui prennent beaucoup de mĂ©dicaments dans la mĂȘme journĂ©e. Une idĂ©e pas si futuriste au regard des travaux de l’universitĂ© du Michigan, qui a inventĂ© un processus permettant d’imprimer des doses prĂ©cises de mĂ©dicaments sur des surfaces variĂ©es, comme sur un patch par exemple.

Impression 3D, un défi de sécurité ?

Bien que l’impression 3D soit une vĂ©ritable rĂ©volution positive pour le monde de la santĂ©, elle reprĂ©sente aussi un sĂ©rieux dĂ©fi pour les autoritĂ©s. En effet sa capacitĂ© de reproduction soulĂšve de nombreuses problĂ©matiques qui vont au-delĂ  du respect des droits de propriĂ©tĂ© intellectuelle.

L’association Suisse des transitaires et des entreprises de logistique, a rĂ©vĂ©lĂ© en 2015 que des trafiquants auraient rĂ©ussi Ă  dissimuler un vol de conteneur grĂące Ă  l’impression 3D. En effet, un conteneur de mĂ©dicaments bien qu’en apparence intact, aurait en rĂ©alitĂ© Ă©tĂ© forcĂ© et volĂ© d’une bonne partie de sa cargaison. C’est en dĂ©couvrant que les scellĂ©s de sĂ©curitĂ© du container avaient Ă©tĂ© remplacĂ©s par des contrefaçons imprimĂ©es en 3D que les autoritĂ©s auraient compris la fraude. Une forme de contrefaçon d’autant plus dangereuse que la sĂ©curitĂ© des patients dĂ©pend d’une dĂ©tection rapide des vols et d’un retrait immĂ©diat des lots de mĂ©dicaments suspects.

« Les avantages de cette technologie ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©couverts par le crime organisĂ©. » a dĂ©clarĂ© l’association.
Autre problĂšme et non des moindres, comment s’assurer que le mĂ©dicament « imprimĂ© » est sĂ»r ? Il n’y a pas encore de rĂ©ponse Ă  cette question qui nĂ©cessiterait une rĂ©vision globale des rĂšgles de traçabilitĂ© et de sĂ©curitĂ© de la chaine de production du mĂ©dicament. On pense notamment les problĂšmes de cyber-sĂ©curitĂ©. Les imprimantes sont beaucoup plus vulnĂ©rables que les procĂ©dĂ©s de fabrication traditionnels. Un hacker pourrait, par exemple, apporter des modifications Ă  la recette ou aux doses d’un mĂ©dicament dans l’hĂŽpital ou la pharmacie oĂč ils sont imprimĂ©s.

Aujourd’hui, si l’utilisation de ces machines pour fabriquer de faux comprimĂ©s n’est pas d’actualitĂ©, nous ne parlons pas de science-fiction. Des imprimantes 3D pourraient, dĂšs demain, servir Ă  fabrication illicite de dispositifs mĂ©dicaux tels que les prothĂšses ou encore les valves cardiaques.

A quoi sert l’imprimante 3D en santĂ© ?

‱ Cette technologie sert Ă  recrĂ©er des mĂąchoires depuis 2012 ou des dents, ainsi que des prothĂšses orthopĂ©diques.
‱ Il est possible de fabriquer de la peau humaine, grñce à l’imprimante 3D.
‱ En 2015, une vertĂšbre imprimĂ©e en 3D a Ă©tĂ© implantĂ©e sur un patient Ă  l’hĂŽpital universitaire de PĂ©kin.
‱ En 2017, une Ă©quipe amĂ©ricaine a fabriquĂ© des ovaires artificiels qui ont permis de donner naissance Ă  des souriceaux

Impression 3D : la falsification du futur ?

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Tableau comparatif des mesures de sécurisation des médicaments

Dispositif Réglementation Objectif Portée
Numérotation de série & Datamatrix Directive Falsified Medicines 2011/62/UE Traçabilité unitaire de chaque boßte du fabricant au patient Union Européenne & international
Témoin d'inviolabilité Norme ISO 21976 / EN 16679 Garantir que le conditionnement n'a pas été ouvert Officines et hÎpitaux
Vérification décentralisée EMVO / NMVS Désactivation du code lors de la dispensation SystÚmes nationaux interconnectés

Foire Aux Questions sur la contrefaçon de médicaments

Quels sont les indices permettant de repérer un médicament falsifié ?
Des fautes d'orthographe sur l'emballage ou la notice, une altération de la couleur des comprimés, l'absence de numéro de lot ou un opercule dégradé doivent immédiatement alerter.
Comment s'assurer de la légitimité d'une pharmacie en ligne ?
En Europe, vérifiez impérativement la présence du logo officiel commun cliquable renvoyant vers le registre tenu par l'autorité nationale de santé compétente.
Que faire en cas de soupçon sur un produit de santé ?
Ne consommez pas le produit, conservez son emballage d'origine et signalez sans attendre le problÚme à votre médecin, votre pharmacien et l'autorité sanitaire locale.