Revue de presse octobre à décembre 2016 -

Revue de presse octobre à décembre 2016

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Il ne se passe pas une semaine sans que l’on apprenne la saisie de produits médicaux illicites, la découverte d’un laboratoire clandestin ou le démantèlement d’un réseau impliqué dans un trafic de faux médicaments. C’est même devenu un sujet pour les séries télévisées !

L’Afrique, l’Asie du Sud-Est, et l’Amérique du Sud sont plus que jamais la cible numéro un des trafiquants mais les actions entreprises pour protéger les consommateurs se font de plus en plus nombreuses. Les autorités du sud-ouest du Pakistan ont fermé plus de 350 points de vente de médicaments illicites en 2016. Au Nigéria, l’État a détruit le 22 novembre dernier des milliers des médicaments contrefaits pour une valeur de près de 600 000 dollars et, la vente de médicaments sur les marchés y sera interdite à partir du 1er août 2017. Les autorités vétérinaires togolaises mènent une campagne d’assainissement du marché du médicament vétérinaire : saisie de produits vétérinaires frauduleux sur les marchés et fermeture des points de vente illicites. Au Pérou, deux tonnes de médicaments contrefaits, falsifiés et périmés ont été saisies dans un centre commercial mi-décembre lors d’une opération conjointe de la police et de la Direction générale des médicaments. Il s’agissait notamment d’antibiotiques, d’analgésiques, d’anti-inflammatoires et de médicaments contre le cancer, le diabète et la maladie de Parkinson, mais aussi de contraceptifs, vendus clandestinement et stockés dans de mauvaises conditions dans ce centre commercial.

L’Amérique du Nord et les pays occidentaux ne sont pas épargnés. Les cas d’overdoses aux antidouleurs et aux anxiolytiques contrefaits au fentanyl se multiplient aux Etats-Unis et au Canada : on déplore plus de 1000 morts pour l’année 2016. En Suisse, en novembre et décembre ont été saisis plus de 3 000 comprimés de faux médicaments érectiles dans des bus en provenance de Serbie !

Aucune population, aucun Etat ne peut se prévaloir d’être à l’abri du trafic de faux médicaments, y compris en Europe du fait de la mise à profit par le crime organisé, notamment des importations parallèles et des ventes en ligne. En Allemagne, les douanes ont saisi près de 4 millions de comprimés illicites en 2015, soit 4 fois plus qu’en 2014.

Tant que le trafic de faux médicaments demeurera beaucoup plus rentable et nettement moins risqué que la contrebande de drogues ou la prostitution, il poursuivra sa progression partout dans le monde. Nous sommes face à des trafiquants sans scrupules, très au fait des failles du droit et qui savent qu’actuellement rien n’est fait pour remonter jusqu’à eux. En l’absence d’une coopération internationale efficace comme celle existant pour sanctionner le trafic de drogues, les magistrats n’ont pas les moyens de démanteler les filières, ni de localiser et geler les avoirs des criminels. C’est pourquoi l’IRACM privilégie un soutien à la mise au point de lois modèles spécifiques destinées à mieux combattre le trafic de faux médicaments. L’IRACM travaille aussi activement à la formation des agents de terrain : plus de 1600 personnes ont été formées ou sensibilisées de manière présentielle par l’IRACM en 2016.

Et pour terminer, une bonne nouvelle : la définition des faux médicaments pourrait bientôt être simplifiée par l’OMS ! Les cinq termes anglophones utilisés (substandard, spurious, falsely-labelled, falsified, counterfeit – ou « SSFFC ») devraient être remplacés par deux (substandard et falsified). Les médicaments substandards feraient référence à l’ensemble des médicaments autorisés qui ne répondraient pas à leurs spécifications ou aux normes de qualité en vigueur ; les médicaments falsifiés couvriraient quant à eux l’ensemble des médicaments dont l’identité, la composition ou l’origine seraient délibérément trompeuses (la notion de propriété intellectuelle n’entre pas en compte ici). Cette proposition de nouvelle définition devrait être adoptée lors du Conseil exécutif de l’OMS en mai 2017.

Plus que jamais, nous comptons sur votre soutien et votre engagement pour enrayer ce fléau.

Bernard LEROY
Directeur de l’IRACM

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