
Washington Post du 23 octobre révèle que 13 grossistes-répartiteurs américains accrédités pour la distribution en gros de médicaments psychotropes délivrés uniquement sur ordonnance auraient contribué depuis 2005 au détournement de centaines de millions de cachets d’antidouleurs (oxycodone, hydrocodone notamment) vers le trafic de stupéfiants. Ces antidouleurs auraient déjà provoqué la mort de 165 000 personnes depuis 2000.
Selon le quotidien, l’Agence américaine de lutte contre la drogue (DEA) enquête, depuis plus de 10 ans, sur les distributeurs du pays qui auraient en effet livré, pendant plusieurs années, ces produits à des pharmacies en ligne, des officines ou des cliniques sans vérifier leur destination réelle, alors que ces commandes étaient éminemment suspectes (destination, quantités, fréquence, patientèle). Ces entreprises sont également accusées de ne pas avoir alerté la DEA de signes d’activités illégales ni mis en place de système de suivi et d’alerte fiables prévus par la loi, alors qu’elles avaient presque toutes été averties par les autorités. Parmi les 13 sociétés impliquées figureraient les géants McKesson, Cardinal Health et AmerisourceBergen, les « Big Three » qui, à eux seuls, contrôlent 85% du marché de la distribution pharmaceutique aux États-Unis. Depuis 2007, la DEA a remporté plusieurs procédures contre ces sociétés qui auraient conduit à des amendes de plus de 280 millions de dollars, des retraits de licence et des fermetures de centres de distribution.
Source : www.washingtonpost.com